Une exposition de photos de Lyon pour remonter le temps

Publié le 13 Décembre 2018

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Une exposition de photos de Lyon pour remonter le temps

"Toutes ces scènes que l'on ne verra plus...". L'historien Stéphane Frioux soupire de nostalgie quand il feuillette l'ouvrage dont il a légendé les photos. Ces longues après-midi passées aux Archives départementales et municipales ont porté leur fruit : le Lyon des années 1930 aux années 1970 est subtilement raconté par 166 photographies en noir et blanc dans "Lyon Photographiée". Parmi lesdites "scènes que l'on ne verra plus" : des pêcheurs trempant leur canne à pêche dans la Saône, la piste de ski artificielle de la Sarra en service de 1964 à 1975, les bateaux qui transportaient le vin venu de Bourgogne, les enfants dont les pieds dans le sable s'apprêtent à s'élancer dans la Saône, ce même fleuve bloqué par des plaques de glace en 1963, les ouvriers de Rhodiaceta ou de Berliet (aujourd'hui Renault Trucks), les métiers artisanaux disparus (les ateliers des canuts, les dessinateurs de soierie, les bijoutiers, les rémouleurs, etc..).

De ces photos diverses et variées (paysages, métiers, vie quotidienne, transports, travaux), l'hisotrien Stéphane Frioux a tiré quelques tendances sur la transformation des modes de vie. "Il y a déjà la disparition des débits de boisson. En 1900, nous avions un débit pour 200 habitants et l'on s'inquiétait vraiment de l'alcoolisme. Ils ont ensuite été abattus et remplacés par des résidences de standing". 

Le doigt posé sur les images des "devantures désuètes" des magasins de quartier, le maître de conférences à l'université Lyon II pointe également la "disparition des petits commerces de proximité au moment de l'arrivée de la grande distribution, dans les années 1960". "On remarque une extrême banalisation des villes", ajoute-t-il. "Les chaînes de magasins unifromisent les paysages". Autre tendance : l'importance des métiers mannuels de l'époque, "en opposition à notre société actuelle de sevices et de production délocalisée". 

On l'aura compris, les mutations lyonnaises sont le thème principal du livre. Y trouve-t-on tout de même une part d'immuable ? "C'est possible", sourit Stéphane Frioux. "Par exemple, la ligne de bus C3, qui était auparavant un tramway, a gardé le même tracé depuis 80ans ! Et la ville se reconstruit sur elle-même. La promenade des Lyonnais ne se fait plus sur les quais du Rhône en hauteur, mais sur les berges..."

 

A très bientôt,

Votre agence Guy Hoquet Lyon 2 / Lyon 1 

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